Depuis la fin de la guerre froide (1989), des changements
importants dans la pratique de sécurité au niveau international,
régional ou national sont en croissance vertigineuse. Sans léser l’Etat
qui est une garantie nécessaire mais pas suffisante pour la sécurité des
personnes, la pratique de la sécurité privilégie la satisfaction des
besoins primaires de sécurité des individus. Cela paraît d’autant plus
pertinent que depuis la fin de la bipolarité, les Etats se font rarement
la guerre entre eux et que le centre de gravité des menaces à la paix et
à la sécurité a basculé de l’extérieur vers l’intérieur des pays, mettant
en péril les civils et les initiatives au développement.
Face à cette
situation, l’approche sécurité humaine place l’individu plutôt que
l’Etat au cœur de la sécurité. Elle favorise le droit des citoyens à vivre
dans un environnement garantissant tous les droits humains. Ladite
approche globale qui préconise l’articulation harmonieuse de la paix,
de la sécurité, de la démocratie et du développement durable, nous
plonge dans la sécurité préventive.
Ainsi, cet article tente d’examiner les articulations possibles
entre la prévention de la radicalisation et la protection des droits de
l’homme. Il montre que seul un environnement pacifique peut
favoriser l’épanouissement des droits humains. Et ce n’est qu’au
moment où le citoyen a un sentiment de reconnaissance dans sa
société d’appartenance qu’il résiste à la radicalisation violente.
Pour
l’auteur, la rencontre des savoirs et pratiques, la confrontation des
épistémologies, des méthodes et des convictions doit permettre sans
nul doute d’arriver à des solutions novatrices de prévention de la
radicalisation pour une meilleure promotion des droits de l’homme,
en faveur d’une « Afrique de nous voulons ».